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 La puissance britannique au XIXe siècle (1815-1880)

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OmbreBlanche

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MessageSujet: La puissance britannique au XIXe siècle (1815-1880)   28/6/2013, 12:49


Certes, au début du XIXe siècle, le Royaume-Uni jouait un rôle pionnier dans le processus de la révolution industrielle. Premier pays à s'industrialiser, il fut aussi le premier pays à connaître un boom important de son économie, ainsi que son élite industrielle et bourgeoise. Pourtant, la société britannique de cette époque était encore entièrement dominée par l'aristocratie foncière.

Mère de toutes les révolutions, l'Angleterre fondait son régime politique sur un équilibre et une collaboration entre le Roi et le Parlement. Ainsi, le Roi, héréditaire, était-il le chef théorique de l'Eglise anglicane, de l'armée, de la justice et de la diplomatie. Mais il n'exerçait pas directement ses pouvoirs : il nommait et révoquait le Cabinet des ministres, dirigé par un Premier ministre qui exerçait de fait le pouvoir exécutif.

En fait, le pouvoir royal s'est affaibli depuis la mort de la dernière Stuart, la Reine Anne, en 1714 et parce que les souverains qui lui ont succédé, d'origine allemande s'intéressaient davantage à leurs affaires de leur Électorat de Hanovre qu'à leur nouveau royaume... ce fut donc le Cabinet, recruté dans le Parlement, qui assurait la réalité du pouvoir. Le premier Premier ministre britannique fut d'ailleurs Robert Walpole.


Toutefois, le Royaume-Uni était loin encore d'être une démocratie. Le Parlement était entièrement aux mains de la noblesse terrienne, qui tenait non seulement la Chambre des Lords mais également la Chambre des Communes.
En effet, la carte électorale n'avait pas été remaniée depuis le XVe siècle ! Et tous les groupes sociaux créés par la révolution industrielle (patrons, ouvriers, classes moyennes) n'avaient pas leur place dans la société politique. La plupart des circonscriptions étaient rurales et les villes industielles n'avaient aucun député. Certains "bourgs pourris" n'avaient même que quelques électeurs et qui votaient encore selon les consignes du seigneur local. Bien évidemment, le vote à bulletin secret n'existait pas et la corruption était intense...

La Révolution française va avoir son impact outre-Manche. Puisque après la défaite des Luddistes en 1814, tisserands à main qui cherchaient à freiner la diffusion des métiers mécaniques pour préserver leur salaire et leur emploi, les associations d'artisans se multiplièrent et luttèrent jusqu'à obtenir la reconnaissance légale des associations en 1825 (en France, il faudra attendre 1901).

De même, en 1832 fut entamée une première réforme électorale qui, en abaissant le cens et en remaniant la carte électorale, permet une certaine représentation de la bourgeoisie industrielle au Parlement.
C'est dans les années 1830 également que naissent les premières tentatives d'organisation syndicale, notamment le Grand National Union de Robert Owen en 1834. Mais c'est surtout le mouvement chartiste qui, très puissant entre 1838 et 1842, va considérablement faire bouger les choses : il réclame le suffrage universel et, en 1842, une pétition nationale en faveur d'une "charte du peuple" rassemble plus de 3 millions de signatures.

Depuis 1836 aussi, une association d'obédience libérale s'est aussi formée pour demander l'abolition des Corn Laws. Elle rassemble d'un côté des industriels favorables à la suppression de tous les droits de douane, de l'autre des hommes politiques effrayés par la force du mouvement chartiste, qu'ils jugent trop radical, et qui souhaitent baisser le prix du pain pour calmer l'agitation ouvrière.


En 1838, Richard Cobden fonde à Manchester l'Anti-Corn Laws League, financée par les industriels du coton. La lutte dura huit ans. Certains industriels menaçaient de la grève de l'impôt, et du lock-out des usines. Finalement, en 1846, ils obtinrent satisfaction : les Corn Laws sont abolies et, à leur suite, tous les tarifs protectionnistes. Le prix du pain baissa de moitié en quelques années.

L'Angleterre entra à la fois dans l'ère du libre-échange et dans une relative stabilité sociale.

Et ce, sans révolution sanglante ni coup d'état.
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