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 Comment le christianisme a conquis le monde romain

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OmbreBlanche

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MessageSujet: Comment le christianisme a conquis le monde romain   15/5/2014, 19:20


A Rome, comme en province, les populations étaient attirées par les religions orientales, venues d'Asie Mineure, d'Egypte, de Perse et de Syrie. Elles étaient beaucoup plus fascinantes et éblouissantes avec leurs mystères et leurs cérémonies éclatantes que la froide religion romaine et ses dieux austères ou ce culte impérial qui n'était qu'un moyen comme un autre de témoigner sa fidélité à l'Empereur.

Aussi, les gens recherchaient autre chose, avaient soif de puiser à d'autres sources pour trouver ne serait-ce un réconfort moral à leurs âmes troublées par des questions existentielles.

Parmi les religions orientales, il y en avait une plus différente, et beaucoup plus originale que les autres, c'était la religion d'Israël. Celle-ci professait la croyance en un dieu unique. Elle n'était pas que pratiquée en Palestine mais dans toutes les grandes villes du bassin méditerranéen où se trouvaient des groupements de Juifs - ou de Judéens comme on les appelait alors.

Les autorités romaines admettaient (toléraient) cette religion, tant qu'elle ne remettait pas en cause l'ordre établi ni le pouvoir impérial. Ainsi, les Juifs convertissaient parfois des non-Juifs à leurs doctrines. Ils se réunissaient dans des "maisons de prières" (les synagogues) pour y lire l'Ancien Testament.
Parmi les questions sur lesquelles il leur arrivaient de débattre, revenait celle, cruciale, du Messie. Certains affirmaient que le Messie annoncé par les prophètes était déjà apparu sous le nom de Jésus ; d'autres refusaient de l'admettre.
Pour les premiers, l'Evangile - ou "Bonne Nouvelle" - était la preuve que Jésus était vivant et qu'il était bien le fils que Dieu avait envoyé sur la terre pour sauver l'humanité. Pour eux, il était le "Christos", le Messie, annoncé par les prophètes et il fallait annoncer cette nouvelle au monde.
Ces gens, convaincus de leur foi et de leur mission, prirent le nom de Chrétiens.


Ainsi, le christianisme tendit à se détacher du judaïsme.
Dans chaque ville de l'Empire, les chrétiens se regroupèrent en une communauté nouvelle : l'ecclesia qui, en grec, signifie l'assemblée. De là vient le mot église.
A la tête de chaque "église", un évêque (surveillant), assisté d'un collège de prêtres (des hommes plus âgés) et de diacres (serviteurs).
Les chrétiens prirent l'habitude de se réunir le dimanche matin, pour commémorer la résurrection de Jésus en lisant des passages de l'Evangile, en chantant et en priant. Puis, le soir, en mémoire du dernier repas pris avec ses disciples, ils se partageaient le pain et le vin que l'évêque avait préalablement bénis avant de prendre un repas en commun.


A la fin du IIe siècle, les communautés chrétiennes les plus importantes de l'Empire se trouvaient à Antioche en Syrie, à Corinthe en Grèce, à Rome en Italie, à Lyon en Gaule, à Carthage en Afrique et à Alexandrie en Egypte.
La communauté de Rome avait été l'une des premières à être fondée car c'était là que, selon la Tradition, les apôtres Pierre et Paul furent suppliciés sous le règne de Néron.
Car, en effet, les Chrétiens n'avaient pas tardé à être persécutés par les autorités impériales.


Rome faisait preuve généralement d'une grande tolérance à l'égard de tous les cultes et de toutes les croyances.
Mais les Chrétiens, eux, faisaient bande à part. De plus, ils entouraient leur culte d'une auréole de secrets et de mystères qui laissaient libre cours à tous les fantasmes et toutes les suspicions.
On les disait "ennemis du genre humain", on racontait que le soir, ils se livraient à de véritables orgies dans les catacombes où ils buvaient le sang des petits enfants qu'ils avaient égorgé.
Mais surtout, les Chrétiens refusaient de rendre un culte aux dieux officiels du panthéon romain et à l'Empereur, de se rendre aux cérémonies publiques, aussi on les disait "athées" et ennemis de l'Etat.

Très vite, dans l'opinion, le seul fait de se dire chrétien revenait à être considéré comme un traître à la nation.

En fait, contrairement à ce que l'on a longtemps cru, les persécutions contre les Chrétiens ne furent jamais le fait des Empereurs, mais des gouverneurs de province, voire des conseils municipaux, qui, dans leur zèle de fonctionnaires, étaient soucieux d'ordre moral et public. C'est pourquoi les persécutions restèrent espacées dans le temps et limitées dans la quantité des Chrétiens persécutés.
Telle communauté était-elle décimée, telle autre continuait de vivre relativement en paix et de prospérer.
En outre, et même à cause de ces persécutions, le nombre de Chrétiens ne cessait d'augmenter. En effet, le courage et le stoïcisme des suppliciés (martyrs) faisait une grande impression sur les foules.

Cette religion, par sa douceur consolante, se propagea rapidement parmi les populations les plus pauvres de l'Empire. Mais, bientôt, on trouva aussi quelques riches citoyens pour se laisser convertir.

Profitant de l'anarchie militaire du IIIe siècle, le christianisme contina de faire de nombreux adeptes, déçus et amers de voir le triste spectacle de déliquescence dans laquelle sombrait le pouvoir impérial.


Constantin, dont la mère était probablement chrétienne, prenant acte du fait que le christianisme était devenu la religion majoritaire de l'Empire, décida de légiférer :
En 313, il promulgua l'édit de Milan par lequel, désormais, les Chrétiens pouvaient célébrer publiquement leur culte.

Constantin prit bientôt le parti des Chrétiens et ce fut dès lors au tour des païens et des Juifs d'être brimés.

Ce fut en vain que l'empereur Julien tenta de faire machine arrière et de favoriser à nouveau les anciens cultes. Le pli était désormais pris et, en 391, Théodose ordonna la fermeture de tous les temples et interdit les cultes païens.

Ce qui n'empêcha pas certains réfractaires, devenus très minoritaires, de continuer à être fidèles aux anciens dieux. Ils pratiquaient leurs cultes en secret, dans les campagnes, d'où le nom de "païens" (de pagi, paysans).

Le christianisme devint, quant à lui, la religion officielle de l'Empire romain et n'en reconnut aucune autre.
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