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 Macron à Las Vegas

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Younes bis



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MessageSujet: Macron à Las Vegas   12/7/2017, 18:21

Macron à Las Vegas on en a vaguement parlé pendant la campagne présidentielle...Sans doute est-il temps de faire le point !
Citation :


Quand Macron séduisait la presse à Las Vegas
Affaire Pénicaud : quatre mois de révélations


Surtout "ne pas chercher à affaiblir" la ministre du Travail. Cette consigne du porte-parole de l'Elysée, Christophe Castaner, à l'attention des médias, a tenté (en vain) d'endiguer plusieurs semaines de révélations du Canard enchaîné, de Libération, du JDD et de Mediapart, sur l'actuelle ministre du travail, Muriel Pénicaud. En cause, son rôle en tant qu'ex-directrice générale de Business France dans l'organisation d'une soirée en marge d'un déplacement d'Emmanuel Macron à Las Vegas début 2016. La semaine dernière, une information judiciaire a été ouverte sur des soupçons de "favoritisme et recel de favoritisme".

Les ennuis judiciaires se précisent pour Muriel Pénicaud. Inconnue au bataillon il y a encore quelques semaines, la nouvelle ministre du Travail est déjà sous le feu roulant des médias. La raison ? Une série de révélations divulguées dans la presse ces dernières semaines, qui ont atteint leur apogée vendredi dernier, avec l'ouverture d'une information judiciaire contre X sur des soupçons de "favoritisme et recel de favoritisme". Trois juges d’instruction du pôle financier du tribunal de Paris sont désormais chargés d’enquêter et d’évaluer le niveau d’implication de la ministre dans l’affaire dite "Business France".

Business France, c’est cet organisme public dépendant de Bercy et du Quai d'Orsay –et dont la ministre était dirigeante avant l’élection d’Emmanuel Macron. Sous la direction de Pénicaud, l’organisme est soupçonné par la justice de s’être affranchi des règles de la commande publique, en confiant sans appel d’offre à l’agence Havas l’organisation à Las Vegas de la French TechNight, une soirée de promotion des start-up françaises, organisée le 6 janvier 2016 lors du CES, rassemblement annuel des nouvelles technologies. Une soirée taillée sur mesure pour Macron, alors ministre de l’Economie et invité en grande pompe de l’événement. Au total, en mandatant l’agence Havas, Business France aurait ainsi engagé près de 382 000 euros d’argent publics (Havas et Business France sont finalement tombés d’accord pour réduire la facture à 290000 euros) pour cette réception à la gloire d’Emmanuel Macron. C’est ce qui ressort dès le 8 mars d’informations révélées par le Canard Enchaîné.


Extrait du Canard enchaîné, du 8 mars 2017

l’origine des premières révélations, l’hebdo satirique explique que "cette opération de séduction, montée dans l'urgence, à la demande expresse du cabinet du ministre, a été confiée à Havas par Business France (…) sans qu'aucun appel d'offres ait été lancé". Le Canard publie à l’appui des extraits d’un rapport de l’inspection générale des finances (IGF), s’appuyant sur un audit commandé en mars 2016 par la direction de Business France au cabinet Ernst &Young. Conclusions: "la commande de la prestation Havas est susceptible de relever du délit de favoritisme" pointe l’hebdo qui évoque des "dysfonctionnements susceptibles d’engager la responsabilité de leurs auteurs". Selon le rapport, "les prestations ont été effectuées sans bon de commande, ni devis validé, ni contrat signé, ni constatation du service fait". L’IGF explique : "Les différentes étapes de la commande publique ont été largement ignorées ou contournées."

Libé publie les conclusions de l'audit


Quelques jours après les révélations du Canard, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire visant Business France sur des soupçons de délit de favoritisme. "Le cabinet de Macron nous a demandé à la mi-décembre d’organiser en catastrophe la manifestation trois semaines plus tard. Le délai était intenable", se défend Pénicaud qui, dans les colonnes du Canard, ne nie pas alors de possibles irrégularités. Mais, devenue ministre, elle récuse d’emblée toute responsabilité dans ces "dysfonctionnements" et va vite être rattrapée par des révélations de presse laissant penser qu’elle a joué un rôle clef dans cette affaire. Et c’est Libération cette fois-ci qui va tirer le premier. Une semaine après des perquisitions menées le 20 juin au siège d’Havas et dans les locaux de Business France, Libé publie une première enquête le 27 juin qui met en lumière l’implication du cabinet de Macron et Pénicaud dans l’organisation de cette soirée.

En pleine campagne présidentielle, Pénicaud avait assuré en mars que le ministre Macron et son cabinet n’étaient pas intervenus dans les relations entre Business France et Havas. Pourtant les échanges de mails, contenus dans un audit d’Ernst &Young et divulgué par Libé, semblent indiquer que le cabinet de Macron a interféré à plusieurs reprises dans l’organisation de l’événement. Entre autres, dans le choix de l’hôtel.

Concernant Pénicaud, selon des documents que Libé a pu consulter, l’implication de l’ex-directrice de Business France "est manifeste à plusieurs titres". Elle aurait ainsi validé un mois avant l’événement un versement de 30 000 euros à l’hôtel où était organisé la réception. Un versement réalisé à partir de la carte bancaire personnelle du directeur financier de Business France, et à ce titre irrégulier.


Mais ce n’est pas tout. Dès le 27 juin, Libération révèle que contrairement à ce qu’a affirmé la communication de l’Elysée, Pénicaud n’a pas "provoqué immédiatement un audit puis une inspection générale". Si en mars 2016, la directrice générale de Business France a fini par commander cet audit au cabinet Ernst & Young, c’est seulement suite à l'alerte lancée en interne par la responsable du service des achats, s’inquiétant des conditions d’organisation de l’événement. Ainsi "Pénicaud n’avait pas vraiment d’autre choix que de déclencher un audit", commente un haut fonctionnaire de Bercy, cité par Libé. Par ailleurs selon le quotidien, Pénicaud a attendu le mois de décembre 2016, soit cinq mois après la remise de l’audit "alarmiste", pour alerter son conseil d’administration ainsi que les ministères de tutelle, à savoir Bercy et le quai d’Orsay. Quelques jours après ses premières révélations, Libé publie de nouvelles informations dans un article paru le 3 juillet.




Le quotidien a pu consulter le rapport d'audit d’Ernst & Young. Le document d’"une soixantaine de pages", remis à Pénicaud en juillet 2016, fait état d’une situation alarmante dans l’affaire de Las Vegas. L’audit pointe ainsi une situation susceptible "d’engager la responsabilité pénale (délit de favoritisme) des auteurs". Seulement voilà, comme le pointe Libération le 3 juillet, à l’heure d’alerter les instances internes de Business France, Pénicaud a transmis aux organes de contrôle une simple synthèse de l’audit, un texte tronqué gommant les risques judiciaires. "A la lecture de cette synthèse, le déroulé des événements deviendrait presque favorable à l’établissement public.", ironise Libé.

Le JDD et les mails qui "impliquent" pénicaud


Ce n’est pas la seule information embarrassante pour Pénicaud. Dès le 1er juillet, le JDD se lance dans la course au scoop en publiant des extraits de mails saisis dix jours plus tôt lors de la perquisition des locaux d’Havas et de Business France. Des échanges qui viennent confirmer les premières révélations. Alors que Penicaud assure n'avoir été informée des problèmes d'"erreur de procédure dans un marché public" qu'en mars 2016, ces mails viennent remettre en cause sa version. "Muriel [Penicaud] briefée par nos soins ne fait rien. Donc elle gérera aussi quand la cour des comptes demandera des comptes, ce ne sera pas faute d’avoir dit et redit", peut-on lire dans l’un de ces mails, daté du 11 décembre 2015 à 15h08, et signé de la directrice de la communication de Business France, Françoise Bothy-Chesneau.



Celle-ci, personnage pivot de l’affaire, a par ailleurs été entendue par les enquêteurs le 20 juin en marge des perquisitions, explique ce dimanche le JDD. "Selon nos informations, elle a assuré sur procès-verbal que Muriel Pénicaud avait été informée des conditions de la préparation de la soirée à Las Vegas", explique l’hebdo du dimanche qui souligne par ailleurs : "plusieurs dizaines d'e-mails saisis par les enquêteurs démontrent que cet événement a été monté dans l'urgence et sur l'insistance du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy (…) Là encore, le cabinet du ministre semble à la manœuvre, et le personnel de Business France utilisé comme simple structure logistique".

Mediapart pointe les dérapages du contrat "Créative France"


Mais au-delà du cas précis du déplacement de Macron à Las Vegas, d’autres informations publiées la semaine dernière par Mediapart et Libération font état d’autres dérapages. En cause notamment: "Creative France", une campagne visant à promouvoir l’excellence française à l’étranger et à organiser le déplacement de ministres français dans divers pays. Cette campagne, confiée en juin 2015 par Business France à Havas pour 8 millions d’euros "est aussi suspectée de multiples dérapages", explique Mediapart: "Les autorités de tutelle ont réclamé plus de transparence sur les comptes et alerté sur les possibles dérives financières de cette opération". Ainsi, explique le site d’info, "dès l’hiver 2015, les tutelles s’inquiètent du manque d’information financière et de«reporting»attendus. Une lettre est adressée en ce sens par les directeurs de cabinet des ministres à Muriel Pénicaud."




Face à ces révélations en cascade, le parquet avait deux choix possibles. "soit entendre Muriel Pénicaud dans le cadre de l'enquête préliminaire, soit ouvrir une information judiciaire et laisser les juges d'instruction s'en charger", explique le JDD. Le procureur de Paris, François Molins, a donc opté pour la seconde solution, en ouvrant une information judiciaire.
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Younes bis



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MessageSujet: Re: Macron à Las Vegas   12/7/2017, 18:24

Citation :
Mais au fait, que faisait Macron à Las Vegas au frais du contribuable?

Mais au fait, que faisait Macron à Las Vegas ? De la com' essentiellement. En plus des JTs, qui l'avaient suivi outre-Atlantique, Macron, alors barbu et pas encore auto-proclamé Jupiter, avait par exemple petit-déjeuné avec Martin Weil du Petit Journal. L'occasion pour lui de discuter de son alimentation... et de Jaurès.

Sur le plateau de LCI, à l'époque, le journaliste Cédric Ingrant, spécialisé sur les questions de nouvelles technologies, s'était étonné de cette forte présence de la presse. "Ce qui était assez surprenant, pour moi qui y vais tous les ans depuis 12 ans, c'était tout à coup de voir toute la presse française à la sortie. On se serait cru dans la salle des 4 colonnes ou à la sortie d'un conseil des ministres".

Alors que Macron n'avait pas encore lancé son mouvement politique, et démissionnera du gouvernement six mois plus tard, plusieurs journalistes et chroniqueurs voyaient déjà en ce voyage aux États-Unis une excellente rampe de lancement vers les plus hautes cimes du pouvoir. Pour la chroniqueuse de RTL, Alba Ventura, cette semaine outre-Atlantique, c'est "une plongée dans le monde moderne, dans le monde du futur. Le ministre de l'Économie sans doute, à son niveau, le seul dans tout le paysage politique français qui a compris que le digital et le numérique, c'était la révolution industrielle du XXIème siècle". Pour Ventura, ancienne cheffe adjointe du service politique de RTL, "c'est une façon pour le ministre «branché» d'afficher son message sur une grande pancartes, avec des néons qui clignotent : «Je suis l'avenir», «l'avenir c'est moi».

Mêmes frémissements perceptibles dans les colonnes du Point où la journaliste Judikael Hirel, qui était à Los Angeles, écrivait : "Que peut accomplir demain un homme à qui une salle entière accorde une ovation debout alors qu'il n'a rien dit de particulier ? On peut se poser la question, tant on a (presque) l'impression de voir, lors de cette soirée franco-française en plein Las Vegas, un futur candidat aux plus hautes fonctions. Même avec une barbe de quelques jours, la capacité de séduction d'Emmanuel Macron impressionne."
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EddieCochran

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MessageSujet: Re: Macron à Las Vegas   13/7/2017, 00:42

2 -

Ça craint cette histoire. La procédure est ouverte contre une personne non dénommée (contre X pour le
grand public), il est possible qu'elle ne mette pas en cause les personnes que journaleux et agitateurs
de tous poils aimeraient voir traînés en correctionnelle. A suivre.

J'aimerais voir les contrats qui lient Havas et Business France ainsi que les contrats qui lient ces sociétés à
Bercy et autres ministères. S'il existait un contrat cadre, annuel ou d'une autre durée entre Havas et la
Haute administration, établi et signé dans la conformité du droit des marchés publics, dans ce cas les appels
d'offres ne sont pas nécessaires. Dans certaines circonstances, des commandes passées pour répondre à
une urgence peuvent ne pas nécessiter de recourir à la procédure de l'appel d'offres. Mais les dépenses
doivent être maîtrisées. Les dépassements doivent être documentés, justifiés et autorisés en cours d'action
s'ils excèdent une fourchette précisée dans le Code des Marchés public et celui de la concurrence applicable
aux administrations.

Pour l'instant, c'est la part dépassant le seuil réglementaire des 300 000 € qui poserait des problèmes. A
commencer pour les services de l'Etat donneur d'ordres qui ont mandaté l'opération Hélas Vegas qui
pourraient avoir à répondre d'un délit de favoritisme. Pour le recel de délit de favoritisme il faut déterminer
la  nature des liens de subordination liant Havas et Business France pour savoir qui est l'infracteur au premier chef.

Tout ça est passionnant et l'on va voir comment ça se goupillera.

_________________
Rockabilly Yours.
EddieCochran.
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Younes bis



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MessageSujet: Re: Macron à Las Vegas   14/7/2017, 22:02

EddieCochran a écrit:
2 -
Tout ça est passionnant et l'on va voir comment ça se goupillera.

Citation :


LE MONDE | 14.07.2017

Il est 21 heures passées, ce vendredi 20 novembre 2015, quand, avant de partir en week-end, Julie Cannesan décide d’avertir sa directrice générale de l’avancement de ce projet un peu fou : organiser pour Bercy, en moins de deux mois, le 6 janvier 2016, une soirée chic à Las Vegas, à l’occasion de la grand-messe mondiale de l’innovation qu’est le Consumer Electronics Show (CES), autour du jeune ministre de l’économie Emmanuel Macron et des start-up françaises. Le coup de fil qu’a eu la directrice adjointe de la direction ProCom (promotion et communication) de Business France en fin d’après-midi avec le cabinet Macron a permis d’en savoir plus. La question tant attendue du budget prévisionnel de la soirée a été abordée. Cela justifie d’avertir sa patronne.

Le courriel parvient donc à Muriel Pénicaud à 21 h 15 précises. Intitulé « debrief call cab Macron », il commence ainsi : « Muriel, Nous avons eu le cab Macron en ligne ce soir de 18 h 30 à 20 heures sur les sujets Davos et CES » (…). Puis cite, parmi les « points à retenir » s’agissant du CES, celui-ci : « Budget : 300 K€, le Medef se propose de rechercher des sponsoring à hauteur de 65 K€ sur la base d’une offre que nous leur proposerons la semaine prochaine. »

Jusqu’ici resté secret, le courriel a été versé au dossier judiciaire de l’affaire Business France, du nom de cet organisme public voué à la promotion de l’image économique de la France à l’étranger, placé sous la tutelle de trois ministères, dont celui de l’économie. Business France, qui a confié à Havas, sans appel d’offres, le soin d’organiser cette coûteuse soirée de Las Vegas, est au cœur d’une information judiciaire ouverte le 7 juillet pour « favoritisme et recel de favoritisme » et confiée au juge Renaud Van Ruymbeke. A ce prix, la loi lui imposait de mettre des entreprises en concurrence.
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/07/14/soiree-de-las-vegas-ce-que-savait-muriel-penicaud_5160533_1653578.html

Petit HS


le Medef se propose de rechercher des sponsoring à hauteur de 65 K€ sur la base d’une offre que nous leur proposerons la semaine prochaine.



Le Medef est comme chez lui! A ce niveau là , ce n'est même plus du lobbying mais un "état dans l'état". Faudrait peut-être envisager une séparation des pouvoirs non?



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Younes bis



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MessageSujet: Re: Macron à Las Vegas   14/7/2017, 23:57

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